Vendredi 6 janvier 2012
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L’EPIPHANIE
DE LUINI.
L’Adoration des Mages est une fresque
peinte entre 1520 et 1525 par le Lombardo Bernardino Luini (1485-1532)
(Musée
du Louvre)
Sur
le seuil d’une modeste demeure en bois et torchis, la Sainte Famille accueille ses visiteurs : Balthazar, Gaspard et Melchior.
Le
roi le plus âgé, à la longue barbe d’un blanc immaculé, est vêtu comme un doge de Venise mais avec un camail royal en fourrure d’hermine. Par respect, il est tête nue. Jésus le bénit. Le roi
d’âge moyen est en train d’ôter son turban et sa couronne, sans quitter l’Enfant des yeux. Ces deux rois fixent sur lui un regard plein de foi et d’amour.
Le
plus jeune est un noir, ce qui est une nouveauté initiée par les peintres flamands de la fin du XVe siècle.
Il
rayonne d’une joie enfantine et montre Jésus au spectateur.
Joseph,
au beau profil grec, modestement en retrait, regarde par la fenêtre l’arrivée de la suite considérable des rois mages : chevaux, mulets et chameaux chargés de paquets. Un écuyer tire un
tatou en laisse. Ils chevauchent et cheminent dans un paysage de rochers vaporeux à la façon de Léonard de Vinci.
Luini
aime, dans ses compositions, combiner la rigueur géométrique du cadre architectural « un agencement de rectangles stricts » et la douceur tout en courbes des
personnages.
UN
PEINTRE A REDECOUVRIR :
Les
couleurs sont à la fois intenses et nuancées, délicates et très originales : pourpre grenat, vert émeraude un peu turquoise, bleu ciel, jaune d’or. Les rehauts d’or, fins et sans aplats,
sur les auréoles, les liserés des drapés, les couronnes et les présents des mages, donnent un raffinement incomparable à cette œuvre.
Né
sur le lac Majeur, Luini a travaillé pour les églises de Milan. Son style mystérieux fait un peu penser à Léonard de Vinci, mais encore plus à Andrea Solario, un peintre de la même époque. Mais
il n’a aucunement le cynisme septique de Léonard ; son œuvre est très spirituelle et recueillie.
Le vase en or, au premier plan posé par
terre par le premier mage, contraste avec la pauvreté du seuil de la maison.
Marie-Gabrielle
LEBLANC
Extrait
de : Famille Chrétienne